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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 02:39

 

L'aventure de ce journal "Regards Africains", qui avait existé de 1986 à 2003, revit depuis 2009 mais cette fois sous format journal en ligne que l'on peut consulter sur le net. Ce journal qui avait fait grand bruit à la sortie et à sa grande époque à Genève, car c'était pour la première fois en Suisse qu'on lisait  un journal africain qui dénonçait certains travers dans la politique et pointait du doigt accusateur les oppresseurs de tous bords, sans complaisance.

 

Les Africains de Genève se distinguaient en abordant courageusement pendant près d'une vingtaine d'année, toutes les difficultés et malheurs qu'on faisait subir à l'Afrique. On se réjouissait de découvrir les fossoyeurs du continent sous leur grand jour. Les lecteurs Africains ou Suisse apprenaient des réalités et vérités qu'on ne traitaient jamais dans les grands journaux suisses. La mode, à cette époque-là, étaient de montrer le continent noir dans la carricature la plus abjecte. Ce qu'on lisait dans les journaux et revues, voire des magazines, en Suisse, ne différaient guère de ce que l'on pouvait trouver de l'autre côté en France, en Italie, en Allemagne ou en Autriche, les pays frontaliers de la Suisse. Même chose avec d'autres médias en Belgique ou en Angleterre. Tous ces pays ex-colonisateurs maintenaient idéologiquement le monde selon leurs visions coloniales : montrer que les Africains sont des êtres totalement lobotomisés, inférieurs sur tous les plans ! Les intellectuels africains de Suisse ont dit : Stop ! Tout cela était de la mystication qu'il fallait combattre. D'où, l'appariton de ce journal genevois Regards Africains, qui devint très rapidement une "revue" de référence sur la place de Genève, voire, de toute la Suisse.

 

Plaçons le contexte. Les médias officiels en Europe, et singulièrement, en Suisse, parlaient de l'Afrique, selon les schèmes des préjugés répandus. En découvrant en 1986 une revue comme "Regards Africains", c'était comme une libération de la parole pour les Africains. Un grand plaisir. Du bonheur. Pour la communauté africaine, enfin un exemple à parler autrement de l'Afrique, sans complaisance. Ecrire dans les grands médias suisses étaient difficile, sauf si l'on adopte un angle accomodant, acceptable pour le public autoctone suisse.

 

"Regards Africains" exita malgré quelques adversaires qui voyaient mal une telle revue qui adoptait un ton inhabituel dans ses écrits. Faute de moyens financiers, et autres soutiens, "Regards Africains" cessa de paraître sous format-papier.

Entretemps, les membres de l'Assocaition Culturelle Regards Africains, qui éditaient cette revue avaient encore d'autres projets qu'il fallait concrétiser. Ils se focalisaient sur la création d'une "Université Populaire Africaine" qui se lança dans l'éducation, des cours de langue et de cultures africaines, si pas des conférences-débats.

Grace aux dynamismes de son Président Anatole Tshizubu, un ancien fonctionnaire international, et surtout, de son directeur Mutombo Kanyana, fondateur de la revue "Regards Africains" (REGAF), ancien fonctionnaire de l'UNESCO, docteur en sciences politiques et en Relations internationales, cette université populaire africaine se concrétisera dans la ville de Genève. Et, l'avenir de la Revue Regards Africains ?

 

Pour son directeur, il fallait confier l'initiatif aux jeunes. Prenant celui-ci au mot, l'Algérien Fodil Belhadj s'y engagea à fond pour ressusciter "Regards Africains".  Six ans plus tard, c'est un journal en ligne qui verra le jour, sous la direction du journaliste et slameur, Fodil Belhadj. Grace à sa ténacité, l'aventure de Regaf va se poursuivre. Avec un contenu et ligne éditoriale différents certes, mais le ton reste sans complaisance. Il va relèver ce défi avec pugnacité et un certain courage, il faut l'avouer.

 

Membre de l'Association Culturelle Regards Africains, le jurnaliste algérien Fodil Belhadj se donne corps et âme, pour continuer à faire exister "Regards Africains" nouvelle version. Bien sûr que les grandes figures de l'époque ne sont plus là, (Genève est une ville internationale, et la population bouge et se renouvelle), les jeunes reprennent les choses en mains. Fodil Belhadj qui connaît bien le monde de média et lui-même artiste musicien, poète-slameur, et militant panafricain, s'attèle à encadrer les jeunes, tout en assumant sans complexe son engagement dans les causes panafricanes.

 

Genève est une ville internationale, il faut le rappeler. Il existe différentes communautés africaines : Ethiopiens, Somaliens, Erythréens, Soudanais, Ghanéens, Nigerians, Sénégalais, Maghrebins, Ivoiriens, Guinéens, Capverdiens, Angolais, Camerounais, Maliens, Zambiens, Namibiens, Mozambicains, Congolais, Gabonnais, Libériens, Rwandais, Burundais, et tant d'autres encore. Tous, vivent à Genève et forment des Associations avec un souhait de partage, faire connaître leurs pays. La cité de Calvin a vu sa population immigrée s'augmenter. Les week-ends, par exemple, la ville s'anime. On assiste à des soirées dansantes, à différentes fêtes (célébrations de la fête nationale, les mariages ou les naissances, etc.) Il fallait créer des ponts pour rapprocher des communautés, échanger des liens avec les Suisses. C'est le but que poursuivent Regaf et l'UPAF.

 

Une "Maison des Associations" existe. Un lieu qui se veut aussi un espace pour les rencontres multiculturelles.  On y trouve des bureaux pour les Association ou des Organisations non-gouvernementales, des salles pour des réunions ou des Conférences. Un bar-café et restaurant. Une grande salle de spectacle. Le lieu possède un envirronnement approprié pour l'épanouissement des cultures dans la ville de Genève. Le public est convié de trouver ce qu'il cherche.

Le bureau de Regaf se trouve au quatrièem étage, dans cet immeuble de la rue des Voisins/ rue des Villages Suisses.

C'est là que se déroulent plusieurs activités de l'UPAF et de Regaf.

Fodil Belhadj, en plus de s'occuper d'animer le journal en ligne "Regards Africains", il a aussi fondé  la "Troupe Thèâtrale Africaine de Genève". Il invite d'ailleurs les amateurs et amoureux de slam de venir participer à ses spectacles ou seulement apprendre à slamer avec des jeunes de la cité. Amoureux de la poésie et de la prose sur de la musique, Fodil Belhadj propose de découvrir ses créations. Il écrit ses propres textes qu'il récite sur scène.  En voici d'ailleurs un de ses textes en slam : " Un slam dans ta face" ou "Ode à une Suisse si prude"

 

MON ODE A UNE SUISSE SI PRUDE.

 

< Souviens-toi Suisse si prude comme tu as été si encline à chanter les louanges
des réfugiés Hongrois en 56, Chiliens en 73, et autres fils de monarques
Italiens collaborateurs des fascistes  et encore plus convaincue des thèses
racistes que les brutes aux chemises noires elles-mêmes. Et constate de toi même
comme tu as été si dure si indifférente et si méprisante avec mes compatriotes
Algériens que tu as expulsée sans ménagement pendant la décade atroce qu’a connu

mon néanmoins magnifique et si cher pays. Ils étaient venus confiants après
avoir escaladé les amas, essuyé les rebuffades, subis les jérémiades de l’armée
Algérienne, cette autre salope de ton acabit. Confiants, ils étaient venus car
sûrs et certains de ta signature, à témoin de la communauté internationale
« ….Protection et assistance  » comme le stipule la dura lex sed lex relative à
l’asile politique que tu as ratifiée. Mais que néni, pendant que mes concitoyens

revivaient une énième version de « Massacre à la tronçonneuse »  tirée d’une
histoire vraie cette fois et non pas d’une fiction navrante et Amerloque, tu as
transféré ton ambassade à l’effigie de la croix damnée, d’Alger à la « luxuriante

et paradisiaque » Tunis (1994-2000) car les conditions de travail et de sécurité
de ton personnel consulaire n’étaient plus assurées. Et pendant ce temps là je
voyais en témoin oculaire (pour l’Histoire) l’un de tes flics communiquer aux
services ou serais-je tenté d’écrire, sévices consulaires-Algériens cette fois-
le nom et les références des réfugiés Algériens sous prétexte qu’ils
étaient….Islamistes. Au mépris de ta promesse laquelle si je me souviens bien
stipulait que tu ne communiquais aucune information,aucun élément
d’appréciation, au gouvernement d’origine du requérant d’asile en question. Une
parole au nom de ton peuple que tu m’as délivrée par écrit noir sur blanc
lorsque j’ai déposé ma demande d’asile à moi en 1993 en tant que journaliste
Algérien.  Le hic vois-tu petite garce, est que les noms déclinés par ton
délateur bien formé étaient bien ceux d’Islamistes certes, mais il s’avère que
ces méchants Algériens étaient élus par leurs peuple, mandatés, désignés,
nommés, chargés….pfff …parfois la langue de Molière manque de vocabulaire
pour exprimer à sa juste valeur ce qu’est la démocratie. Ou alors c’est que la
démocratie est licite pour reprendre un terme religieux, pour tes
démocrates-chrétiens et donc illicite pour les Islamistes Algériens. J’en ai
pris acte rassure-toi depuis ce temps là vis-à-vis de la junte militaire en
Algérie mais j’ai vraiment eu du mal à le prendre, te pensant à cette époque
être une grande dame…Neutre et objective alors que tu t’es avérée prostituée
bénévole et pleutre par dessus..Le marché de l’offre et de la demande.  Ah cette

satanée demande d’armes des régimes d’horreur et cette offre d’ustensiles SIG
que l’on ne saurait refuser.(pour les jeunes adultes qui liraient ce texte
sachez que les SIG ne sont rien d’autres que de succulentes friandises que la
Suisse vend à un prix abordable aux pays pauvres….Pour ceux plus âgés, qui ne
manieraient pas l’ironie à sa juste valeur et auraient  du mal avec la langue de

Kateb Yacine, les larmes que provoquent les produits SIG ne sont dus qu’au
plaisir éprouvé en conséquence des jeux érotiques que garantit le contrat
d’exclusivité explicité dans la notice d’emballage).

Mais voila, comme je suis un démocrate au sens propre et noble du terme, je me
suis soumis comme la plus part de mes compatriotes au verdict des urnes d’un
processus démocratique  pluraliste qui a vu le jour en 1989 en parachèvement (du

moins le pensais-je jusque là) de toute une conquête populaire et
révolutionnaire, entamée un certain 1er Novembre 1954,poursuivi en 1962 par
l’inéluctable indépendance et conclu par la victoire du Front Islamique du
Salut. Brrrr cela t’a fait peur n’est-ce pas catin d’helvetia ?  Au point de
continuer de traiter politiquement et économiquement avec un régime honni par
mon peuple? Une armée d’assassins qui n’a jamais fait la guerre à quiconque si
ce n’est à son propre peuple!

Regarde-toi now ! Dans une glace et dans le blanc des yeux! Faire la danse du
ventre à ton mac Américain, obligée et non pas séduite, d’accepter les Ouigours
de Guantanamo dans ton Jura et gare à toi si tu les balances aux Chinois.
L’union des banques Suisses aurait dans ce cas maille à partir avec la justice
d’Obama (oups pardon mais quel malotru je fais.Il est vrai que c’est ..faux que
tu as accepté les deux survivants du camp cubain  en toute liberté).  De la même

manière que tu fais la maquerelle  envers de pauvres filles venant d’ailleurs
cherchant une vie meilleure, au quelles tu délivres généreusement des permis
d’artistes (sic) pour se déhancher dans des boites sordides pour le bon plaisir
de la rétine de ceux non moins horribles ,incapables  de comprendre qu’un
rapport sexuel se fait par consentement mutuel et non pas par l’entremise
d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Je te vois à longueur de journée, de mois et d’années baver par l’entremise de
ta droite extrême, sur l’insécurité présumée que provoqueraient les Africains
« dealers »  coupables d’être nés sur une mine d’or et se retrouvant à la place
des volontaires, vendant les affres de la verte à péage pour des poussières à
tes propres enfants pour qui le weekend est synonyme  de  fête et de beuveries à

l’ouie de musiques noires. Pendant que les noirs sublimes de courage subissent
la pluie et la neige, afin de se payer un petit-déj  sol invictus, pendant que
tes fils de marchands d’armes finissent à la tribune du courrier et vice versa,

font le voyage au forum social mondial à Dakar commentent et recommencent ,
outrecuidance suprême, donnent le la et la marche à suivre pour le développement

de l’Afrique. Bis répétita néo colonialisme quand tu nous tiens par putains
interposées, tu viens m’expliquer comment trier les déchets, une
poubelle pour tes pets et une poubelle pour du verre. faute de quoi
prochainement l’amende, ne pas trop imprimer de papier c’est pas bon pour
l’environnement, mais par contre soirées techno en pleine nature et des détritus

sur les hauteurs de montagnes ,le littoral Tunisien, Egyptien, Marocain esquinté

et des 4×4 en leasing pour la traversée du désert? Et donc tu penses que je vais

te croire, que je vais faire miens tes faux principes, que je vais faire appel
aux investisseurs étrangers pour mon Algérie et leur permettre de faire de la
marge bénéficiaire et me saouler de discours lénifiants sur la valeur ajoutée
pour que les miens se marchent dessus pour un taf de merde et engraisser des
actionnaires anonymes et avoir de bons points distribués par des agences de
notations sans aucune légitimité démocratique?  C’est cela donc pour quoi tu
cours? c’est pour le prestige et le marketing humanitaire que tu héberges le CIO

, L’uefa, la Fifa , l’Onu, le BIT, le HCR , en ton sein siliconé à faire pâlir
toutes tes congénères du moulin rouge….Genevois ! L’autre je veux dire le
Parisien compte en son sein…naturel, de vraies Artistes.  Alors dans ce cas je

n’ai d’autre choix à l’aune de  ce qui précède, que de t’avouer en toute loyauté

l’expression de mon amour réciproque, à ma bien aimée Suisse si prude >.

 

par Fodil Belhadj.  -  Fondateur et Slameur  au sein de la Troupe Théâtrale Africaine de
Genève. (www.ttag-regaf.ch) . - voir aussi le site de Regards Africains: H T T P : // REGAFODIL. WORDPRESS: COM

 

A la lecture de cette prose en slam, on comprend que cet Algérien Fodil Belhadj est un poète-engagé, très impliqué dans l'évolution de la culture de la cité de Calvin. Il se veut homme de son époque. On ne peut que l'encourager de son engagement pour faire triompher "Regaf", et par-delà, la richesse culturelle de l'Afrique en mouvement.

 

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